« Si nous voulons combattre cette créature avec quelque espérance de succès, il nous faut la connaître en profondeur. »
De quelle créature la philosophe Shoshana Zuboff parle-t-elle ?
Du « capitalisme de surveillance », qu’elle définit ainsi :
L’utilisation de l’expérience humaine comme matière première à des fins commerciales
Une nouvelle architecture globale de modification des comportements
Une concentration sans précédent des richesses, savoirs et pouvoirs dans quelques acteurs publics et privés
Une économie de surveillance
La prétention d’imposer un ordre fondé sur « des certitudes absolues »
Un défi à la démocratie de marché et « un renversement de la souveraineté du peuple »
Pour la philosophe, « nous avançons nus dans le siècle numérique », sans le cadre règlementaire et politique nécessaire à « un avenir compatible avec la démocratie ». En 2019, elle estimait que « les 10 prochaines années seront décisives », ajoutant à cet appel à l’action une invitation à la réflexion et l’investigation :
« Nous ne pouvons lutter contre ce que nous ne comprenons pas. La maîtrise des faits et de leur implications est essentielle ».


