Pourquoi l’EFF met en garde contre un prolongement de la loi FISA ?
La surveillance de masse par la NSA n'a fait que s'aggraver depuis les révélations Snowden
©Chris Yang / Unsplash
En 2013, Edward Snowden révélait l’ampleur des capacités d’espionnage numérique de la NSA.
Dans le cadre de la Section 702 de la loi FISA, et du programme PRISM (lancé en 2007), l’agence de renseignement collecte des données directement des GAFAM.
Et depuis 2008, la NSA n’a plus besoin d’un mandat individuel pour chaque cible.
Et en plus de cette capacité de recueil à la source, la NSA a développé un programme de collecte de masse.
Avec un outil comme XKeyscore par exemple, l’agence américaine interceptait en effet des milliards de données du trafic Web.
Comment ? Par le truchement de capacités d’écoute sur des points de passage du trafic internet (câbles sous-marins, routeurs dorsaux, etc.).
Puis, grâce à un search déjà très performant, permettant de sélectionner des signaux faibles (comportements, langues, outils de chiffrement utilisées etc.), la NSA pouvait cherchait des aiguilles dans des bottes de foin.
Par exemple, chercher « les locuteurs allemands installés au Pakistan et utilisant le réseau TOR ».
Document de la NSA à propos de XKeyscore
13 ans plus tard, des changements majeurs ont eu lieu.
L’agence a largement intégré les meilleurs modèles LLM d’intelligence artificielle et démultiplié ses capacités de recueil et d’analyse
Elle achète en plus légalement des données de géolocalisation et des profils comportementaux à des courtiers privés
Ce qui permet de contourner la règlementation en matière de contrôle.
En effet, le FBI utilise les bases de données de la NSA pour effectuer des recherches sur des citoyens américains (ou des résidents étrangers) sans passer par un juge.
Pour le sénateur Ron Wyden, il existerait même une interprétation secrète de la loi FISA permettant à la NSA de surveiller de nouvelles catégories de personnes (journalistes, activistes, etc.)
Pour l’EEF, ces abus constituent un risque de basculement vers une analyse prédictive généralisée.
« En automatisant la surveillance et suspicion, nous ne renforçons pas la sécurité collective. Nous créons une machine à produire de l’erreur judiciaire à grande échelle, sans aucun recours institutionnel », estime ainsi Matthew Guariglia (EFF)
Pour lire les mises en gardes de l’EFF, c’est ici :
https://www.theguardian.com/world/interactive/2013/jul/31/nsa-xkeyscore-program-full-presentation
https://www.theguardian.com/world/2013/jul/31/nsa-top-secret-program-online-data





