Pourquoi Américains et Européens ne se comprennent plus ?
À propos d'un ouvrage de Robert Kagan
À (re)lire le néoconservateur Robert Kagan, les divergences idéologiques entre les USA et l’Union européenne remontent à la fin de la guerre froide se sont accentuées après la guerre en Irak.
Quelques extraits d’un essai publié en 2003, qui donnent, 23 ans plus tard, une mise en contexte idéologique détonnante aux dernières opérations militaires américaines :
“L’Amérique a toujours été férocement jalouse de sa propre souveraineté mais, tout au long de la guerre froide et, de fait, durant toute son histoire, elle s’est beaucoup moins préoccupée de la souveraineté nationale des autres nations, se réservant le droit d’intervenir partout et n’importe où.”
(...)
“Aux yeux des Américains, un « empire du mal » ne saurait avoir de légitimité ni de droits inviolables en tant qu’État souverain.
À cet égard, l’Amérique est et a toujours été une puissance révolutionnaire, bousculant parfois sans le vouloir mais avec obstination le statut quo partout où son influence s’est étendue.
De la génération des Pères fondateurs à nos jours, elle a toujours considéré que les tyrannies étrangères étaient transitoires, destinées à céder devant les forces du républicanisme libéré par sa propre révolution.
Même les dictatures alliées sont lui apparues par essence illégitime. Quant aux tyrannies hostiles, elles ont toujours été considérées comme un gibier à pourchasser.”
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“Les Européens, absorbés par la mise en oeuvre de changements radicaux sur leur propre continent, veulent un monde stable et sans surprise.”
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“Plus de 80% des Américains estiment que la guerre peut instaurer la justice ; plus de 50% des Européens considèrent qu’aucune guerre, quelle qu’elle soit, ne pourra jamais être juste” (Transatlantic Trends 2003)
Que donnerait ce même sondage aujourd’hui ?


